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Mes histoires d'allaitement



Je n’ai jamais eu besoin de me poser la question si j’avais envie ou non d’allaiter. Pour moi cela a toujours été une évidence que oui, l’allaitement fait partie de la maternité.


Quand mon 1er bébé est né le 8 mai 2006 à 35+6, dans une clinique réputée « amie des bébés », d’une façon totalement normale

(travail de 6h, péridurale, 15minutes de poussées, position gynéco), j’ai été surprise qu’on me pose la question. Le personnel a donc noté mon choix et s’est mis au « travail » pour faire téter mon fils…. J’avais 24 ans à ce moment-là… aucune aide extérieure de femmes avec expériences qui auraient pu me dispenser leur savoir. Je m’en suis entièrement remise aux infirmières, nurses et sages-femmes parce que c’était leur métier !

Au début cela se passait bien. Je devais mettre mon bébé au sein toutes les 4h, sur leur conseil. J’ai été une élève très appliquée. Mais j’ai vite remarqué que mon bébé « tétouillait » au lieu de bien prendre et de tirer très fort. J’ai donc fait part de mon sentiment à une nurse québécoise. Cette dernière m’a grondée de le laisser faire. Je devais soit le stimuler pour qu’il tète soit l’enlever pour ne surtout pas le laisser faire… Comme une petite fille qu’on gronde je me suis sentie nulle et je n’étais plus sûre de moi. Il devait avoir 2-3 jours de vie. Le lendemain matin après son passage sur la balance, les soignants se sont alarmés… Mon fils avait presque perdu 10% de son poids de naissance, c’était un bébé presque prématuré. Il était petit et faible selon eux. Mais je ne savais pas ce que ça voulait dire ! Etait-il en danger ? Que faire ?



















Les soignants ont décidé de mettre en place un système pour que je pèse mon bébé avant puis après la tétée afin de savoir combien de mon lait il avait bu, puis ensuite de compléter avec un biberon. La seule fois où j’avais l’impression qu’il avait bien tété, où je l’ai entendu déglutir pendant bien 5-10min, il a perdu 60g….

Du coup toutes inquiètes, elles m’ont dit de le compléter quand même. Alors j’ai eu le droit à un tire-lait. Pour voir si je produisais du lait et combien. Je me souviens que lui et moi on ne s’aimait pas beaucoup. Dans ma chambre, il y avait 2 autres mamans. Celle à ma droite, suisse-allemande, qui venait d’accoucher de son 2ème bébé, était très à l’aise avec tout cela. Elle dormait avec son bébé contre elle (d’ailleurs elle s’était faite engueulée pour cela mais continuait quand même) et tirait son lait à J4 de plus de 200ml. J’étais admirative et jalouse avec mes justes 50ml. Celle en face de moi, se plaignait que son lait giclait trop fort et qu’elle n’avait même pas le temps de s’habiller après la douche que ses habits étaient déjà trempés. Et moi je me sentais bien seule….


Grâce à ce que je tirais pour donner au biberon à mon bébé, il a repris du poids et nous avons pu sortir de la clinique. J’ai accouché un mardi matin et je suis sortie le samedi dans la journée. J’ai reçu de la documentation, des informations, de la publicité et beaucoup de choses que, aujourd’hui, je qualifie de totalement inutiles. Mais j’ai surtout eu la visite de la nurse québécoise, qui a pris un peu de temps pour m’expliquer la suite pour le retour à la maison…. Voici les indications :

  • Donner la tétée à mon fils 10minutes chaque sein, puis compléter avec un biberon de mon lait tiré.

  • Tirer mon lait 15min les 2 seins en même temps, nettoyer la machine et me préparer pour la prochaine tétée.

  • Les quantités étaient à donner en fonction du jour de vie du bébé. Exemple à J6 il devrait boire 60ml 6x par jour… à J10, 100ml, à J15 150ml et à J20, 200ml 6x par jour et après garder cette quantité jusqu’au contrôle du 1er mois chez le pédiatre.

Sauf que je n’ai jamais réussi à tirer cette quantité, que j’avais aucune idée de combien mon bébé prenait vu que ça jouait jamais avec la balance et qu’il était du genre gros dormeur à très peu réclamer ou pleurer…


Au bout de 2 semaines, j’ai commencé à demander de l’aide… j’ai appelé une sage-femme de ma ville qui m’a répondu que je faisais tout juste et qu’elle pouvait rien faire d’autre. Que si ça ne marchait pas je devais voir pour du lait en poudre car je n’avais peut-être pas assez de lait. A 3 semaines, épuisée et stressée, j’ai craqué… je suis passée au lait en poudre pour compléter les tétées, car plus de force pour tirer.

A 1 mois contrôle du pédiatre, tout est en ordre, cela me rassure ! Je n’ai pas laissé mon bébé mourir de faim ! A 1,5 mois, une puéricultrice de la Croix-Rouge nous rend sa première visite. A ce stade j’avais arrêté totalement l’allaitement. J’avais quand même dû prendre un médicament pour arrêter la production de lait d’après ma gynéco pour éviter un engorgement et une infection. Et c’est la première personne à m’avoir dit que tout cela n’était pas normal… à la clinique, à la maison, les quantités, le manque de soutien et le reste… mais sans pour autant m’aider pour elle c’était une affaire classée.

Pour moi c’était un échec…. Dans la nature, sans ressource mon bébé serait mort de faim, me disais-je sans arrêt. Pour mon entourage ce n’était pas grave du moment qu’il était en bonne santé, me rassuraient-ils avec compassion… mais pour moi c’était dur de faire le deuil de cette évidence.

Pour mon 2ème bébé, j’étais encore plus déterminée ! Cette fois je vais réussir à allaiter ! je ne referai plus les mêmes erreurs ! sauf que cette fois ça a été encore pire… quand on dit que l’accouchement joue un grand rôle dans la mise en place de l’allaitement je ne peux qu’acquiescer et valider.

J’ai fissuré la poche des eaux un lundi après-midi vers 13h, rendez-vous à la maternité à 16h pour un contrôle. Ils décident de me garder bien entendu, mais aucun signe de travail. Je reste toute la nuit en salle d’accouchement car les sages-femmes sont débordées et ont peur de pas pouvoir monter me contrôler en chambre au cas où. Je dors très mal cette nuit-là, entre les allées et venues du personnel pour venir chercher du matériel, le bruit, les alarmes, les monitorings qu’on me fait quand même pour surveiller bébé, le lit inconfortable et le stress qu’on m’a mis la veille : « si vous n’êtes pas en travail demain matin on devrait vous déclencher sinon votre bébé risque une grave infection ». Je me souviens avoir même essayé de pousser pour déclencher qqch. Le matin arrive et bébé est toujours bien au chaud. Et moi je redoute la visite de la sage-femme. Je ne veux pas être provoquée, bébé n’est pas prêt je le sens. On me refuse une attente supplémentaire. Encore une fois on me gronde comme une gamine qui demande des bonbons avant le repas. Je suis inconsciente, et je dois leur faire confiance. Je suis dans une minuscule salle d’accouchement froide et sans âme. Je sais qu’à côté, il y a une salle accueillante, avec un lit pour mon mari et une baignoire pour moi. Je demande à changer, puisque je suis la seule dans le service, les 11 autres bébés du chaos de la veille étant tous nés.

La sage-femme refuse ma demande, m’expliquant que je ne peux pas choisir, et que pour eux ça serait du travail en plus de nettoyer cette salle ou j’ai passé la nuit pour rien. Il est encore tôt, elle m’explique qu’elle doit aller faire ses transmissions à ses collègues, les visites post-partum et que plus tard, la sage-femme de jour viendra tout m’installer pour le déclenchement.

A 10h, ma sage-femme des cours de préparation en piscine entre dans la salle. Je suis contente de voir un visage connu. Je lui explique mes inquiétudes. Elle m’écoute et c’est elle qui me propose de changer de chambre ! Je suis contente ! A 11h, je suis dans un bon bain chaud, avec une perfusion de provocation et une autre de glucose. Je barbotte pendant que mon mari dine. Je barbotte toujours lorsque les techniciens entrent dans la salle pour changer une lampe… Je barbotte encore lorsque la sage-femme, la même qui m’avait rassurée le matin, augmente le dosage de la perfusion pour voir jusqu’à combien je supporterai en prenant les paris avec mon mari et une infirmière. A 15h, je n’en peux plus. J’en ai marre de barboter et je veux sortir. Ce que je fais mais sans prévoir ce qui allait partir en catastrophe….

La pesanteur me cloue sur place, j’ai mal, rien ne me soulage, on me contrôle le col, je suis à 8, on me propose une péri, j’accepte, on me la pause et c’est pire. Je suis endormie que d’un côté et des pieds à la tête. Je fais un malaise et une chute de tension énorme à 8/4. La sage-femme panique, le bébé arrive, (adrénaline, réflexe d’éjection du bébé), je pousse il arrive. Pendant qu’on s’occupe de moi, une stagiaire baigne mon 2ème fils. Il prend froid, il n’est qu’à 36+1, alerte !!!!!! il est 15h50 ce 22 avril 2008, il passera la nuit en couveuse loin de moi… pas de peau à peau, pas de contact, pas de tétée, rien.


Je ne me souviens plus très bien la chronologie ensuite mais je sais que le lendemain dès la première mise au sein mon bébé a refusé (grève de la tétée). Je me souviens qu’elles se sont mises à 2, une sage-femme et une infirmière, pour essayer de mettre bébé au sein. Une tenant mon sein et l’autre plaquant la tête de mon bébé contre en le forçant à ouvrir la bouche. Je me souviens qu’ils l’ont mis en couche dans la chambre fenêtre ouverte, pour le stimuler… et je me souviens de ce moment ou tout à basculé… perte de poids de 10%, complément, tire-lait… ce moment où j’ai craqué et où je me suis dit que je n’y arriverai jamais.

Je me souviens de ma voisine de chambre…. De ses nombreuses visites qui n’avaient aucun respect pour moi. Je me souviens d’un soir ou cette sage-femme a débarqué dans ma chambre à 21h pour me demander si j’avais un problème à ne pas avoir réussi mes 2 allaitements. Je me souviens avoir demandé le médicament pour ne pas avoir la montée de lait (qui n’était toujours pas là à J7). Je me souviens de ces 8 jours en maternité… les 2 derniers jours au chevet de mon fils en photothérapie pour une jaunisse proche de la transfusion… et encore ce sentiment d’échec sur toute la ligne….


Et encore et toujours ces gens qui ne comprennent pas que je sois triste… parce que bébé va bien lui ! alors c’est pas important le reste. Et puis cette dame que j’ai eu au téléphone… cette dame de la leche league (enfin je croyais), qui me dit au téléphone que non, elle ne peut rien faire pour moi, qu’ils sont là pour aider aux allaitements mais pas pour soutenir les échecs.


Mon bébé était un bébé avec un fort RGO interne, il pleurait bcp. La nuit il ne voulait pas être contre moi ou son papa, il ne voulait pas être seul non plus. Un BABI il paraît. Et puis il y a eu cette fameuse nuit…. Cette nuit ou inconsolable, cette nuit où ne sachant plus quoi faire, couchée dans mon lit, mon petit bébé contre moi tout tremblant de douleur, je l’ai mis au sein…. Pourquoi je ne sais pas… comment aucune idée, mais il a tété un peu. Il a pris le sein comme sa lolette et s’est cal